5 mai 2013 : Triathlon S de Liévin

Mon premier triathlon : une étrange journée. 750m natation, 20km vélo, 5km course à pied

On ne fait pas de triathlètes sans casser des bleus ! Le dicton ne s’est pas vérifié, cette fois.

Une très longue matinée d’attente et d’inactivité puis l’heure du départ, j’alterne entre excitation et sensation de « partir à l’abattoir ». Arrivée 2h30 en avance, je me demande ce que je fous là. Trop tard, j’y suis.
Grand beau, j’ai sorti ma tri-fonction toute neuve aux couleurs du club (autant dire que personne ne peut me regarder sans lunettes de soudeur) et mes biscoteaux, mais je ne suis pas la seule.

Les formalités administratives passées, il me reste 2h25 à attendre.
Heureusement, je retrouve Michael. Son calme olympien me rassure. Préparation du matos, installation des vélos dans le parc, nous regardons les courses des enfants. Le temps passe étonnamment vite.
Il est temps de se diriger vers la piscine. Tout s’enchaîne et je n’ai pas vraiment d’appréhension. Nous sommes 6 filles. Elles sont sympas et nous nous saluons. 100m d’échauffement, je me sens bien.

Départ ! C’est un peu la guerre : 6 personnes de front dans une ligne d’eau… ça ne passe pas. J’arrive en tête aux 25m mais je suis du mauvais côté et j’ai peur de me prendre les 5 autres de face au virage. Dans l’hésitation, 3 me passent devant : grosse erreur ! Pendant 400m, je vais être bloquée derrière celle que je nommerai Miss « Gros bouillon ». La première prend le large et Miss « gros bouillon » est à la bagarre avec une autre fille. Je ne peux pas passer tant qu’elle ne l’a pas dépassée et ça prend du temps. En attendant je n’arrête pas de lui taper les pieds (ou elle me tape les mains ?), mais ça n’entame en rien l’amplitude extravagante de ses mouvements de jambes qui manquent de peu de me noyer en m’envoyant un tsunami dans la bouche au moment où je reprends mon air. Je finis par passer mais toutes ces péripéties m’ont fait perdre mon rythme et je finis à l’arrache en respirant tous les 2 temps.

Sortie de l’eau, je suis assez lucide (enfin, pas moins que d’habitude). Petit trot jusqu’au vélo et là, l’épreuve la plus technique du triathlon : l’enfilage, en équilibre précaire, de chaussettes sur pieds mouillés. 2 minutes plus tard (une par pied), c’est fait.

Chaussures, dossard, lunettes, casque, vélo et c’est parti.
Ca commence par la grande montée, les cuisses commencent à couiner. On va devoir la passer 4 fois… Je m’accroche à une fille qui est sortie de l’eau après moi mais qui a été plus rapide dans la transition (ce n’est pas Miss « Gros Bouillons »). Nous ferons toute la partie vélo ensemble. Elle marche mieux que moi dans les montées mais je la rattrape en descente et dans les virages. Nous nous encourageons mutuellement, ainsi que les gars qui nous dépassent de tous les côtés avec une facilité déconcertante. 4 tours plus tard et les jambes en feu (un seul entrainement avec un vélo acheté 6 jours avant, ce n’est pas suffisant), j’arrive au parc pour l’ultime transition.

10 km
Ce sera plus rapide, les chaussettes sont déjà en place. Changement de chaussures, je passe du casque à la casquette, une gorgée d’eau et c’est reparti. Après les 10 premiers mètres, ça se gâte. J’ai les mollets ultra-crispés. Je suis à fond mais je n’avance pas et ça fait mal. Et le parcours ne va pas arranger les choses : une succession de montées, descentes et relances. Je serre les dents, ce n’est que 5 km après tout. Mes mollets se détendent et commencent à travailler en mode « course à pied » à partir du 3ème km. Je peux accélérer un peu même si j’ai une douleur qui perce à la cheville droite (j’ai oublié de serrer le laçage rapide). Je rattrape petit à petit ma camarade de vélo qui m’a larguée au début de la course à pied. Je ne vois plus personne dernière moi (les 2 suivantes sont à plus de 8 minutes derrière), ça fait bizarre mais je n’abandonne pas, et les encouragements des bénévoles me boostent sur la dernière ligne droite (mais toujours pas plate). Enfin, je franchis la ligne d’arrivée : 1h32’23.

Mon temps est miteux, j’ai mal aux jambes, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai faim, j’ai envie de faire pipi mais une fois mon souffle repris, j’oublie tout ça et je suis heureuse et fière. Je vais féliciter Christelle du Club de Gravelines, ma concurrente-accompagnante, arrivée une grosse minute avant moi. C’était son premier triathlon aussi.
Sur le parking, je retrouve Michael qui a terminé en 1h10’30. J’ignore s’il a atteint son objectif mais je le félicite.
C’était finalement une très belle journée pour aller jouer dehors.

La prochaine fois, juré ! je n’en ferai pas une tartine mais on ne fait pas tous les jours son premier triathlon, je devais marquer le coup.

Merci à tous, camarades de jeu et amis du Club de Ronchin, pour votre soutien, votre folie (il faut être un peu fou pour faire des triathlons, des marathons, des ultra-trails…), votre force communicative et ces entraînements de barbares qu’on adore tous !

Cc

Epilogue : ce matin, en marchant dans la rue, je me tenais plus droite, la tête plus haute. Personne ne sait que j’ai fait un triathlon hier mais moi, je le sais !
Pain is temporary, pride is forever.

Mickael en photo

Article rédigé par : alain-salome - le 14 mai 2013 - 456 visites